Limnospondylus : la lignée perdue de 3,5 millions d’années de salamandres géantes du Japon

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Il s’avère que les salamandres géantes que nous voyons aujourd’hui ne sont que les survivants d’une expérience d’évolution beaucoup plus ancienne et plus étrange. Une nouvelle étude confirme qu’une branche jusqu’alors inconnue de ces géants aquatiques parcourait le Japon il y a 3,5 millions d’années. Ce n’étaient pas les créatures fluviales d’aujourd’hui. C’étaient des habitants du lac.

Rencontrez Limnospondylus ajimuensis.

Ce nouveau genre comble une énorme lacune dans les archives fossiles. Depuis plus de 60 millions d’années, les cryptobranches dérivent au fil du temps. Mais l’Asie de l’Est ? Les archives fossiles ont été étonnamment silencieuses. Jusqu’à maintenant.

Une nouvelle espèce découverte

Les os n’étaient pas neufs. Ils ont été extraits de la formation Tsubusagawa à Kyushu entre 1995 et 2017. Pendant des années, les scientifiques leur ont apposé l’étiquette Andrias. Le genre vivant. La supposition logique.

C’était faux.

Le Dr Masahiro Noda et l’équipe de l’Université de Kyoto ne se sont pas contentés d’examiner les os. Ils les ont passés au scanner. Ils ont utilisé la morphométrie géométrique. Ils ont comparé les vertèbres à tous les parents vivants et fossiles qu’ils ont pu trouver. La forme n’était pas bonne. Distinctement éteint.

La combinaison de traits ne correspondait tout simplement à aucune espèce connue.

“C’est le seul site au monde où l’on ait découvert à la fois des fossiles de salamandres géantes et des genres vivants.”

Cette découverte change la carte. Limnospondylus ajimuensis est une entité distincte. Une lignée unique. Celui-ci mesurait probablement environ 1,1 mètre de long. Plus petit que les géants d’aujourd’hui, qui peuvent atteindre 1,8 mètres, mais toujours massif par rapport à la plupart des amphibiens.

La faune Ajimu

Pourquoi ce site est-il important ? Parce que la faune d’Ajimu est une capsule temporelle.

Au Pliocène, cette partie du Japon n’était pas une forêt. Ce n’était pas une vallée fluviale. C’était un vaste réseau de lacs d’eau douce. Entouré de zones humides. Les forêts se sont fermées sur les bords.

L’écosystème était un véritable gâchis de biodiversité. Vous aviez des crocodiliens. Éléphants. Des rhinocéros. Tortues et oiseaux de toutes sortes. Et dans ces eaux calmes et profondes, Limnospondylus traînait.

Les salamandres géantes vivantes (Andrias japonicus au Japon, Cryptobranchus alleganiensis aux États-Unis) ont besoin d’une eau riche en oxygène à débit rapide. Ce sont des spécialistes des rivières.

Limnospondylus était un généraliste lacustre. Il prospérait dans les eaux calmes. Cela prouve que la famille des Cryptobranchidae détenait autrefois une niche écologique plus large. Ils n’étaient pas enfermés dans un seul type d’habitat. Ils se sont adaptés. Ou du moins, Limnospondylus l’a fait.

Pourquoi ont-ils disparu ?

Le Pliocène est terminé. Le monde s’est refroidi.

Il y a environ 2,6 millions d’années, les températures ont chuté. Les lacs ont rétréci. Les zones humides se sont transformées en terre ou en boue. L’environnement est devenu hostile pour une créature construite pour les eaux calmes et chaudes.

Les cousins ​​fluviaux de Limnospondylus ? Ils étaient déjà adaptés au flux. À l’oxygène. Changer. Ils ont tenu bon.

Les spécialistes du lac ? Ils ont été laissés au sec. Éteint.

Ce n’est pas seulement de l’histoire. C’est un avertissement.

Les espèces indigènes actuelles du Japon sont confrontées à des menaces d’hybridation. Destruction de l’habitat. Fragmentation. Le Dr Noda note que cette recherche offre une « appréciation renouvelée » de la raison pour laquelle nous devons protéger les espèces existantes. Les lignées modernes constituent le dernier combat. S’ils partent, toute la lignée familiale s’arrête dans la région.

Le passé nous montre que les habitats changent. Les espèces s’adaptent. Ou alors ils meurent. Il n’y a pas de juste milieu.

L’article a été publié dans PeerJ. Les os ont parlé. On dit que nous avions un géant. Un géant lacustre unique. Et nous avons presque perdu son histoire.

Nous ne perdrons pas les vivants. Pas si nous y prêtons attention.