Le musée Bolling Hall de Bradford a obtenu une subvention de 3 500 £ de la Royal Society pour lancer un projet explorant la vie et l’œuvre d’Abraham Sharp, un astronome du XVIIe siècle né dans la ville. Le projet, intitulé « Decrire les cieux : l’astronomie des scientifiques islamiques à Abraham Sharp de Bradford », mettra en évidence le lien surprenant entre le développement scientifique de Sharp et les contributions des érudits islamiques médiévaux.
Pourquoi c’est important : au-delà de l’histoire locale
La subvention, qui fait partie du programme « Places of Science » de la Royal Society, vise à connecter les communautés locales avec un patrimoine scientifique souvent négligé. Sharp, né en 1653, excellait en astronomie et en mathématiques, calculant pi avec un nombre impressionnant de 72 décimales. Il est ensuite devenu une figure éminente de l’Observatoire royal de Greenwich et porte même son nom à un cratère lunaire.
Mais ce que l’on sait moins, c’est que les travaux de Sharp s’appuient sur des siècles d’innovation astronomique issue du monde islamique. Pendant des siècles, les érudits de Bagdad, Damas et Cordoue ont préservé et développé les connaissances astronomiques grecques et indiennes, développant des instruments et des théories avancées. En mettant en lumière ce contexte historique, le projet souligne que la science moderne n’est pas uniquement une réussite occidentale.
Détails du projet : Focus sur la communauté
Le musée accueillera une série d’événements familiaux, d’ateliers et une exposition pour impliquer les communautés locales d’Asie du Sud, reconnaissant leur lien avec l’héritage scientifique historique. Selon James Steward, chef de service des musées et galeries du district de Bradford, « ce projet vise à connecter les communautés avec des histoires qui les concernent… célébrant la diversité, la curiosité et la propriété partagée de notre patrimoine. »
L’approche collaborative du projet – travailler avec les communautés locales pour partager l’histoire – est un élément clé. Il ne s’agit pas simplement de présenter des faits ; il s’agit de co-créer un récit qui reflète la diversité de l’héritage de Bradford.
Bolling Hall : un cadre historique
Bolling Hall lui-même a un riche passé, remontant à la période médiévale et servant de bastion royaliste pendant la guerre civile anglaise. Désormais, il deviendra un point central pour examiner comment la pensée scientifique a évolué grâce aux échanges interculturels.
La subvention souligne une tendance plus large selon laquelle les musées réévaluent leurs collections sous un angle plus inclusif. D’autres musées du Royaume-Uni reçoivent également un financement dans le cadre de ce programme, avec des projets allant de l’écologie fluviale à l’histoire de l’art local.
Ce projet rappelle que le progrès scientifique est rarement linéaire et repose souvent sur des contributions de cultures et d’époques diverses. La mise en évidence de ces liens enrichit notre compréhension de l’histoire et inspire les futures générations de scientifiques.