Nous sommes le samedi 1er août 2064. La Lune ne se cache plus. Mais ce n’est pas non plus le plus brillant. Nous sommes fermement dans la phase Waning Gibbous. Le tracker de la NASA évalue la surface éclairée à 93 %. Vous pouvez toujours voir clairement le visage. Il a l’air presque plein. Mais regardez de plus près. La lumière recule. Les ombres s’allongent. C’est le « comment » pour voir arriver la prochaine Nouvelle Lune. Le cycle tourne.
Ce que vous pouvez voir dans le ciel nocturne en ce moment
Vous n’avez pas besoin d’un télescope pour trouver les principaux points de repère. Prenez une paire de jumelles ou utilisez simplement votre œil nu par temps clair. La Mare Tranquillitatis – Mer de Tranquillité – est probablement la cible la plus facile. Il se présente sous la forme d’une grande tache sombre dans l’hémisphère nord de la face lunaire. À côté, vous avez le cratère Copernic. C’est un cercle lumineux et rayonné qui se détache sur le basalte plus foncé. Plus au sud, cherchez le cratère Tycho. Il présente un pic central distinct et des rayons encore plus proéminents traversant la surface. Ces trois éléments constituent la sainte trinité de l’observation lunaire facile.
Sortir les jumelles ? Vous verrez les cratères Alphonsus, Endymion et Clavius. Clavius est massif. Il éclipse les autres. Cela ressemble à une cicatrice géante sur la peau de la lune. Sortir un télescope ? C’est là que ça devient précis. Vous apercevrez peut-être le site d’atterrissage d’Apollo 14. C’est minuscule. Vous ne verrez pas le module, mais vous saurez qu’il est là. Vous verrez Rupes Altai, les collines alpines. Il s’agit d’une falaise abrupte qui traverse les raies Tycho. Et le cratère Linne, un point net et brillant près du terminateur (la ligne entre la lumière et l’obscurité). L’éclairage crée du contraste. Pointu. Rigide.
La Lune effectue un cycle complet tous les 29,5 jours environ car l’angle entre le Soleil, la Terre et la Lune change constamment.
Pourquoi la lumière s’estompe (et où elle va)
Pourquoi ça ressemble à ça ? La géométrie de l’espace. À mesure que la Lune se déplace autour de la Terre, nous voyons moins la face éclairée par le soleil. Nous passons du Complet au Nouveau. C’est le processus en déclin. C’est progressif. Mais ce soir, ces 7 % manquants comptent. Cela crée les ombres que vous voyez sur les bords du cratère. C’est pourquoi les télescopes sont désormais meilleurs. Le faible angle du soleil exagère la topographie. Les cratères éclatent. Les vallées s’approfondissent. Attendez la prochaine Pleine Lune et la lumière sera plate. Pas d’ombres. Moins de détails.
C’est pourquoi les astronomes préfèrent les phases gibbeuses pour l’observation de la surface. Vous obtenez suffisamment de lumière pour naviguer, mais suffisamment d’ombre pour voir la structure. C’est un compromis pratique. Pas philosophique.
Les huit phases du cycle lunaire
Pour rappel, la Lune traverse huit phases distinctes tous les 29,53 jours. C’est ce qu’on appelle un mois synodique. Ce n’est pas 28 jours. C’est plus long. Voici la progression vers laquelle vous descendez actuellement :
- Nouvelle Lune : La Lune est entre la Terre et le Soleil. Le côté qui nous fait face est sombre. Invisible.
- Crescent de cire : Un petit éclat apparaît sur le côté droit (dans l’hémisphère nord). Il grandit chaque nuit.
- Premier quartier : La moitié de la Lune est allumée. Le côté droit. Cela ressemble à la lettre “D”.
- Waxing Gibbous : Plus de la moitié est allumée. Approche pleine. La lumière arrive par la gauche.
- Pleine Lune : L’ensemble du visage est illuminé. Le disque entier est visible. C’est à ce moment-là que vous obtenez la luminosité la plus totale.
- Décroissant Gibbous : C’est nous. La lumière commence à s’éloigner du côté droit. C’était 93% aujourd’hui.
- Troisième quart : Le côté gauche est maintenant éclairé. La droite est sombre. L’autre “D”.
- Waning Crescent : Il ne reste qu’un mince ruban sur la gauche. Puis elle disparaît sous les reflets du Soleil.
Quand aura lieu la prochaine Pleine Lune ?
Le cycle ne s’arrête pas là. Ça boucle. La prochaine Pleine Lune atterrira le 28 août, soit dans quatre semaines. Un mois. Un peu plus.


























